Philo : Les apparences sont-elles des évidences?
C'est violent ou pas ?
Les pérégrinations d’Alice lui imposent souvent d’être à la bonne taille. Sinon, gare à elle ! Dans la maison du Lapin, on a vu ce que ça donne ! Dans telles circonstances, il vaut mieux être plus petite et dans telles autres, il vaut mieux être plus grande. C’est un peu comme pour être bien habillé, il faut changer de vêtement. Tout cela n’est qu’une question d’adaptation. Et au passage, vous remarquerez l’unité de mesure. Pas la toise. Non, non ! Les maisons !
Adieu taille normale !
En arrivant au pays des merveilles, Alice perd sa taille normale. C’est ce qui lui arrive en tout premier. La symbolique est forte. Ici, sa taille normale ne lui sert plus à rien. C’est une première leçon. Elle est entérinée un peu plus tard, au moment où Alice réussit à retrouver cette taille grâce aux morceaux du champignon. Que croyez-vous qu’elle fait alors ? Après avoir un peu marché, elle aperçoit une maison dans une clairière. Elle décide de se présenter à ses habitants, mais s’aperçoit tout de suite qu’elle est trop grande. Sans hésiter, elle mange un morceau du champignon pour rapetisser. Alice n’a plus qu’une obsession, se faire accepter. Et pour cela, il faut pouvoir passer par la porte. Elle se hâte donc de se mettre à la bonne taille. Adieu, taille normale ! Elle ne sert définitivement à rien ! Plus tard, Alice se retrouve dans une situation similaire. Face à la maison du Lièvre de Mars (il n’y a pas à en douter, les cheminées sont comme de grandes oreilles de lapin !), elle n’est pas assez grande. Pas d’hésitation. Elle mange un morceau de champignon pour atteindre une taille convenable. Moralité : la taille normale est une vieille valeur du passé qui n’a plus d’utilité au pays des merveilles. Aucun intérêt de s’y accrocher. Pour pouvoir appréhender les différentes facettes de ce nouveau monde, il faut se mettre à la mesure de chacun de ses habitants.
