Pour dialoguer...
C'est un jeu !
Alice a mangé le gâteau « Mange-moi ». Elle grandit, grandit, grandit au point de devenir géante. Elle comprend vite qu’elle ne pourra plus passer par la petite porte. Pour toute réaction, elle se met à pleurer. Il faut se rappeler que c’est une petite fille et qu’elle n’est pas habituée à tant de contrariétés. Autant de bouleversements en si peu de temps, c’est difficile à supporter pour elle. Que va-t-il advenir de toutes ses larmes de crocodile ?
Mourir de larmes
Alice est désespérée. Elle pleure pour évacuer son chagrin. Une guerre des sentiments fait rage en elle. Elle s’en veut de pleurer autant. Elle se dit qu’elle est grande (le narrateur fait ici un jeu de mots appuyé) et qu’elle devrait pouvoir se raisonner. Mais rien n’y fait. Alice pleure, pleure, pleure. Le narrateur parle d’hectolitres de larmes versées. Il dit même que des larmes d’Alice, une mare se forme. C’est alors que le Lapin Blanc, très bien habillé de surcroît, vient à passer (comme par hasard). Il est toujours aussi pressé. Comme accessoires, il a sur lui une paire de gants et un éventail. Il passe sans la voir. Elle essaye tout de même de lui adresser la parole. Le Lapin sursaute en la voyant. Il laisse tomber ses accessoires et détale le plus rapidement possible (comme un Lapin disons). Il est bientôt hors de vue. Machinalement, Alice ramasse les accessoires et comme il fait très chaud là où elle se trouve, elle se met à s’éventer avec l’éventail. C’est alors qu’elle fond en larmes. Va-t-elle disparaître ? (Oui, ce qui fond finit par disparaître…) Reprenons. Machinalement, elle vient d’enfiler un des gants du Lapin. Tout de suite, elle fait le lien. Si elle peut faire cela, c’est qu’elle doit être beaucoup plus petite qu’avant. Tout porte à croire qu’elle est en train de rapetisser. Elle lâche l’éventail. Ouf, elle l’a échappé belle ! C’est lui qui la faisait rapetisser. À cette vitesse-là, elle aurait pu totalement disparaître ! Peut-être ne serait-elle plus là maintenant. La tristesse fait immédiatement place à la joie. On comprend que l’éventail a lui aussi un pouvoir merveilleux. Mais il aurait pu coûter la vie à Alice. On est loin du mythe de l’éventail qui apporte le bon air et disperse le mauvais air. Celui-là ne semble pas protéger le souffle de vie. Cela dit, on est au pays des merveilles et on sait que rien n’y est vraiment comme chez nous. Alors, ne nous étonnons pas. Et puis peut-être qu’il ne faut pas rejeter toute la faute sur l’éventail. Rappelons qu’Alice a aussi fondu en larmes. Donc ce sont peut-être aussi ses larmes qui l’ont fait rapetisser…
