Alice, Chenille

Qui es-tu Alice ?

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Alice a l’impression d’avoir perdu la tête à cause des changements physiques qu’elle a connus. Elle se plaint auprès de la Chenille de ne plus savoir qui elle est et se trouve bien incapable de répondre à la question que cette dernière lui a posée : « Qui es-tu ? » Le plus drôle, c’est que la Chenille ne veut pas non plus répondre à la question lorsqu’Alice la lui retourne. Pour une première rencontre, c’est plutôt cocasse. Elles ne se connaissent pas et ni l’une ni l’autre ne dira à l’autre qui elle est. Mais revenons à notre sujet : Alice a-t-elle vraiment perdu la tête ? 

As-tu encore toute ta tête ?

Avec ses mots, Alice se plaint d’une sorte de déconstruction de la personnalité due aux transformations physiques qu’elle a subies. Si on l’en croit, sans transformations physiques on sait qui l’on est, mais avec des transformations physiques, on ne sait plus qui l’on est. Le matin même, elle savait encore qui elle était, mais maintenant, elle n’est plus sûre de rien. On voit qu’elle est ébranlée. Regardez l’illustration : sa tête dépasse à peine au-dessus du champignon, on ne voit que ses yeux. C’est le petit clin d’œil de l’illustrateur qui se demande, lui aussi, si Alice a encore toute sa tête. L’intervention de la Chenille permet de relativiser tout cela. Celle-ci lui explique que les transformations physiques ne seront pas un problème pour elle. Elle sait qu’elle va se transformer en nymphe puis en papillon et ça ne la perturbe pas le moins du monde. Elle n’est ni affolée ni effrayée par cela. C’est donc un problème pour Alice, mais ce n’est pas un problème pour tout le monde. On ne peut donc pas conclure que l’on perd la tête et qu’on ne sait plus qui l’on est parce qu’on a subi des transformations physiques. C’est la première leçon de vie délivrée par la Chenille. Une fois le problème des transformations physiques écarté, la Chenille revient à la charge, mais sous un autre angle. Elle demande à Alice si elle peut se souvenir de quelque chose. Elle lui propose de réciter un poème. Alice réussit à le réciter « à peu près ». Quelques mots ont été inversés ou échangés, elle s’en aperçoit. Mais sinon elle s’en souvient bien. Alice a donc encore sa tête, la preuve par le poème. 

Si vous voulez poursuivre cette réflexion d’un point de vue plus philosophique, lisez cet article.

Alice a du mal à dire à la chenille qui elle est.
La chenille est sur le champignon et Alice est derrière. On voit à peine sa tête. Elle explique qu’elle ne sait plus qui elle est.

The catterpillar takes the hooka out of its mouth and says with a sleepy voice : « Who are you ? » Alice doesn’t know what to say. She just can say what she was this morning. 

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