Témoigner au procès
Le rêve prend fin
Peu après être arrivée dans la salle d’audience, Alice s’aperçoit qu’elle est en train de grandir. Pourtant, elle n’a rien bu ni rien mangé. Mais un petit événement concomitant semble agir comme un déclencheur. Le Chapelier vient de croquer malencontreusement dans sa tasse, il vient de la casser. Alice sent immédiatement que son corps fait une poussée. Elle reste calme et fait comme si de rien n’était.
Grandir de manière ridicule
Alice est assise à côté du Loir qui sent bien que la petite fille prend de plus en plus de place. Il s’en plaint d’ailleurs auprès d’elle, car cela fait d’autant moins de place pour lui. La petite fille se justifie, arguant du fait que tout un chacun a le droit de grandir. C’est une chose naturelle, il n’y a aucun mal à cela. Mais le Loir campe sur sa position. Grandir est une chose normale quand on grandit de manière raisonnable. Il se prend comme exemple, expliquant que lui, il grandit raisonnablement. Cela signifie « sans exagération ». Or, visiblement, Alice ne grandit pas raisonnablement. Selon le Loir, elle grandit de manière ridicule. Cet oxymore pointe le fait que le corps d’Alice fait en réalité une extraordinaire poussée. Si on voulait relater les faits plus justement, on pourrait dire qu’elle grandit prodigieusement. Le Loir explique à Alice qu’en ces lieux, elle n’a pas le droit de grandir ainsi. Autrement dit, ce n’est pas un lieu pour une telle attitude. Mais Alice n’a que faire de ses reproches. Elle n’a rien bu ni rien mangé donc, selon elle, tout ce qui se passe est tout à fait normal. Elle reste assise à la même place et c’est le Loir qui choisit d’aller s’installer ailleurs. L’incident est clos jusqu’au moment où elle est citée comme témoin. Elle est alors obligée de se lever. Par cet acte, elle déséquilibre tout le banc des jurés. Cela prouve tout de même qu’elle est devenue bien grande !
