L'exploitation de l'animal par l'animal
Le droit de grandir
Les tartes ont été volées par le Valet de Cœur. Ce sont les vers du poème qui le disent. On connait l’accusé et on sait les faits qui lui sont reprochés. Il faut maintenant que le procès se déroule dans les règles de l’art. On fait donc venir les témoins les uns après les autres. Ils vont pouvoir donner leur version des faits.
Parler de soi-même
Des témoins sont normalement des gens qui ont vu ou entendu quelque chose en rapport avec les faits qui sont reprochés à l’accusé. Ici, il n’en est rien. Aucun d’entre eux n’a rien vu ni rien entendu. Mais ce n’est pas très grave. Chacun va pouvoir venir à la barre parler de lui-même. Ils témoignent en fait de ce qu’ils sont au plus profond d’eux-mêmes. Cela nous permet en cette fin d’histoire de revoir une fois tous ces personnages dont on connait déjà les sujets de prédilection. Le Chapelier est le premier témoin à être cité. Il parle bien sûr du thé et de l’heure du thé, car c’est le seul sujet qui l’intéresse vraiment. Le plus drôle c’est qu’on lui pose précisément les questions qui l’embarrassent. Quand a-t-il commencé à prendre le thé, pourquoi n’a-t-il pas terminé son thé ? Toutes ces questions relèvent du bon sens. Mais, quand on connait bien le Chapelier, on sait qu’il n’a aucun pouvoir pour changer les choses, car il est irrémédiablement fâché avec le temps. Le second témoin est la cuisinière. Elle arrive avec sa poivrière. Lorsqu’on lui propose de la poser, elle refuse. C’est logique. Cette cuisinière ne se sépare jamais de sa poivrière. Elle ne cuisine qu’au poivre et lorsqu’on lui demande de quoi sont faites les tartes aux fraises, elle répond tout naturellement qu’elles sont faites de poivre. C’est élémentaire. Voyez comme tous ces personnages sont incapables de sortir de leurs croyances et de leurs habitudes. Chacun est enferré dans son monde.
