Alice au pays des merveilles et l'expérience de l'imagination
Alice s'en prend plein la tête
Quand deux laquais se rencontrent, que font-ils ? Ils se transmettent une lettre cachetée. La lettre est très grande et comme il s’agit d’une missive de la Reine, elle doit contenir une information de la plus haute importance. Tout le monde sait qu’une lettre cachetée contient souvent de grands secrets.
Invitation
Au moment de la transmission de main à main, le premier laquais dévoile le contenu de la lettre. On sait donc tout de suite ce que contient cette lettre, on n’attendra pas qu’elle soit ouverte. Il s’agit d’une invitation à une partie de croquet. C’est la Reine qui invite et c’est la Duchesse qui est invitée. Le premier laquais délivre son message et le deuxième le répète à l’identique en changeant quelque peu l’ordre des morceaux de phrases. Le premier laquais avait parlé de la Duchesse avant de parler de la Reine, le deuxième laquais parle de la Reine avant de parler de la Duchesse. Les deux disent exactement la même chose même si l’ordre des morceaux de phrases est inversé. Alice a sans doute retenu la leçon : on peut dire la même chose tout en changeant l’ordre des mots d’une phrase. Lorsqu’elle se retrouve avec le Lièvre de Mars et le Chapelier, elle évoque ce phénomène, tentant de vérifier auprès d’eux qu’il est bien réel. Mais sa démonstration ne rencontre pas l’approbation. Le Chapelier semble outré. Le Lièvre de Mars approuve son compère et renchérit de plus belle. Ils sont catégoriques et d’ailleurs ils ont raison. Inverser l’ordre de certaines phrases ne permet pas de redire ces phrases à l’identique. Le sens s’en trouve changé. Non, ça ne fonctionne pas à tous les coups même si, dans le cas de la phrase prononcée par le laquais, ça fonctionnait bel et bien. Il y a donc bien des exceptions. D’ailleurs le Loir leur en fournit un exemple approuvé par le Chapelier. Dans son cas, dire « Je dors quand je respire » ou « Je respire quand je dors » c’est la même chose. Le Loir vit en dormant, donc en dormant, il vit ! C’est élémentaire !
