Alice, Jardin

Au jardin, on joue

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Dans les deux livres, celui des merveilles et celui du miroir, Alice cherche à aller au jardin. Ce motif apparaît à chaque fois assez rapidement après le début de l’histoire. Dans l’un et l’autre cas, l’accès est difficile, il y a des embûches. Au pays des merveilles, la porte ne peut pas la laisser passer. Dans le monde du miroir, le chemin ne veut pas l’y emmener. Le passage obligé pour accéder au jardin est donc à chaque fois un barrage. Et pourtant, Alice tient bon, elle veut y aller.

Objet de désir

Le jardin est un objet de désir et de frustration immédiate. C’est le lieu auquel Alice n’arrive pas à accéder et qu’elle garde pourtant toujours en tête. À chaque fois, Alice est en attente de ce jardin. Elle l’a entraperçu au pays des merveilles et elle ne l’a encore jamais vu dans le monde du miroir. Ne pas accéder au jardin, c’est comme un manque. Pourquoi ? Pour répondre à cette question, il faut dépasser l’étape de l’accès au jardin et voir ce qui se passe ensuite. Dans les deux cas, le jardin est le théâtre d’une mise en scène : la mise en scène du jeu de cartes, le jeu de croquet et la mise en scène du jeu d’échecs. Dans les deux cas, le jardin est un lieu stratégique, où l’on joue. On joue aux cartes, on joue au croquet, on joue aux échecs. C’est le lieu des jeux de société. Différents personnages entrent en scène et jouent un rôle. On comprend maintenant pourquoi ne pas accéder au jardin peut constituer un manque. Pour une petite fille comme Alice, jouer est primordial. Pour rien au monde elle ne se passerait d’aller jouer. Au pays des merveilles, le terrain est bosselé et plein de trous, alors que de l’autre côté du miroir, il est dessiné en carrés parfaitement rectilignes. Les topographies sont très différentes, mais le but est toujours le même : jouer. 

Inaccessible jardin.

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