La Reine n’a pas de cœur
Pour dialoguer...
Dans sa chute, Alice croit qu’elle va traverser la Terre de part en part. Cela la ferait alors arriver de l’autre côté, là où les gens ont la tête en bas. Oui, c’est normal. Puisque c’est l’autre côté, c’est l’inverse. Ils marchent la tête en bas. Comme ils se trouvent aux antipodes, elle les appelle les « antipattes ». À n’en pas douter, Alice a de l’intuition.
L’image est parlante
Une intuition peut être vraie et erronée à la fois. C’est ce que nous allons apprendre ici. Alors, intéressons-nous à cette fameuse intuition. Alice croit arriver chez les « antipattes », ceux qui ont la tête en bas. C’est une image, on peut se la représenter. On pourrait même la dessiner. Va-t-elle se révéler vraie ? Quand on connaît la suite de l’histoire, on comprend qu’au sens propre ce ne sera pas le cas. Mais, par contre, au sens figuré, ce sera le cas. Qu’est-ce à dire ? Dans le monde dans lequel elle arrive, les personnages ont tous, au sens propre, « les pieds sur terre ». Aucun n’a la tête en bas. L’image qu’elle s’en était faite ne correspond pas à la réalité. Mais faut-il s’arrêter là ? Non, sans doute. Creusons un peu. Alice découvre un monde dans lequel les choses et les personnages ne fonctionnent pas comme dans son monde à elle. Il y a de la magie. Il y a une logique souvent déroutante et une distorsion du temps. Les limites entre le possible et l’impossible sont redéfinies à chaque instant. On peut donc filer la métaphore en disant qu’elle se retrouve dans un monde dont le fonctionnement est aux antipodes de son mode de vie normal. Au sens figuré, l’image des « antipattes » est donc très parlante. L’originalité des personnages, rendue patente dans les discussions, dépasse tellement les limites de l’entendement, que l’on peut dire qu’ils ont bel et bien la tête à l’envers ou la tête en bas. C’est là, en substance, ce que l’image voulait nous révéler.

An upside down world.