Désirs, Psycho avec Alice

Quels désirs ?

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On a dit qu’Alice au pays des merveilles est un rêve et que les rêves sont mus par des désirs. Cherchons donc quels désirs sont assouvis dans cette histoire. Des désirs de nourriture peut-être ?

Manger ?

Il est plausible qu’au pays des merveilles Alice cherche à assouvir des désirs de nourriture. Il n’y a qu’à voir le nombre de fois où elle se trouve dans une situation qui implique la nourriture. Il y a le moment où on est autour d’une table pour se sustenter, avec le Lièvre de Mars et le Chapelier, le moment où on est dans la cuisine pour préparer la nourriture, avec la Duchesse et la cuisinière, le moment où on parle de recettes, avec la soupe à la fausse tortue, le moment où on apprend qu’un plat a été réalisé, les tartes de la Reine. À chaque fois ou presque qu’Alice rencontre des personnages, il est question de nourriture. Quand elle rencontre la souris, on comprend que c’est la souris elle-même qui est la nourriture des chats et des chiens. Quand elle rencontre la chenille, celle-ci lui révèle qu’elle peut manger du champignon. Mais quelque chose d’important doit quand même être noté. Alice ne mange réellement que du gâteau « Eat me », les gâteaux lancés comme des pierres par l’équipe du Lapin, du champignon et des tartines beurrées lors du thé chez les fous. Et puis, bien sûr, il y a la fois mémorable où elle boit dans le flacon « Drink me ». Cette fois là, en buvant, elle a l’impression de manger de la tarte aux cerises, de la crème renversée, de la dinde rôtie et bien d’autres choses encore. En dehors de ces occasions-là, elle ne mange pas. Lorsqu’elle était attablée avec le Lièvre de Mars et le Chapelier, elle a failli ne pas manger. Le Chapelier lui dit d’ailleurs qu’elle pourrait reprendre de quelque chose et elle lui fait remarquer qu’elle ne peut pas reprendre de quelque chose puisqu’elle n’a rien pris. Mais ce n’est pas non plus un vrai sujet de frustration, car les véritables enjeux sont bien souvent ailleurs. Alice doit affronter l’antipathie du Lièvre de Mars et du Chapelier, la folie qui règne dans la cuisine de la Duchesse, l’étrangeté des paroles de la Tortue, l’absurdité du jugement que l’on veut rendre au tribunal. Même si la nourriture est extrêmement présente dans toute cette histoire, elle n’est pas le but premier. Donc l’histoire d’Alice n’est pas un assouvissement de désir de nourriture. La question reste entière : quel est le désir profond dans toute cette histoire ? 

Alice veut-elle assouvir des envies de nourriture ?

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