Chute et glissade
Le Dodo aime la géométrie
De l’autre côté du miroir, il y a de l’animation. Tout ce qui n’était pas visible avant s’avère différent de ce qu’il était dans la première pièce. Les choses sont bel et bien animées. Alice découvre que les pièces du jeu d’échecs ne sont plus sur le jeu et que certaines se baladent sans frayeur près du feu, dans l’âtre. Quand on sait qu’elles sont sans doute faites en bois, on peut imaginer le risque qu’elles courent.
Un autre monde
Les pièces du jeu d’échecs vont deux par deux, bras dessus, bras dessous, non loin des flammes. Quel spectacle ahurissant ! D’une part, elles courent de gros risques. Elles pourraient brûler. Mais aussi, a-t-on jamais vu le roi blanc et la reine blanche ou le roi rouge et la reine rouge se promener l’un avec l’autre avec autant de nonchalance ? C’est contraire aux règles du jeu. Les tours aussi se baladent bras dessus, bras dessous ! Se déplaçant en dehors de leur échiquier, ces pièces semblent entièrement libres et sans contraintes. Elles ne pensent même pas à jouer ! A-t-on également jamais vu cela ? Normalement, les pièces d’un jeu d’échecs ne se déplacent que grâce à la main de l’homme et vont de case en case. Et bien, ici, pas du tout. Elles sont comme Pinocchio, le pantin de bois, qui prend sa liberté loin de son créateur. Ces pièces vaquent à leurs occupations comme des personnes normales. Vous parlez d’une animation ! La métaphore est complète. Alice est passée d’un monde aux règles connues dans un monde aux règles nouvelles et pour le moins étranges, qui vont à l’encontre de tout ce qu’elle connaissait avant. Dans la première chambre, elle jouait avec un jeu d’échecs tel qu’on en connaît tous, aux règles bien définies et inaliénables. Elle arrive dans l’autre chambre et s’aperçoit que les pièces se sont désolidarisées du plateau et se promènent en dehors de leur cadre habituel, sans aucune astreinte. Du jamais vu ! On comprend alors que les règles du jeu de l’autre côté du miroir vont être différentes de ce qu’elles étaient devant le miroir.
