Alice se trouve devant la porte de son destin, mais elle ne sait pas comment l’ouvrir. Rien ni personne n’est là pour l’aider. Pourtant, cette porte lui est bien destinée. Alice frappe, sonne, mais rien ne se passe. Ses efforts restent vains. Que signifie cette situation ? Est-ce irrémédiable ? Les portes de sa destinée resteront-elles à jamais fermées ? Une vieille grenouille intervient alors, mais malheureusement, il semble qu’elle comprend tout à l’envers. Pourra-t-elle aider Alice ?
Tranquille
La grenouille demande ce qui se passe. Alice lui dit que la porte ne veut pas s’ouvrir. Cette information, qui paraît évidente, ne l’est pas pour la grenouille. Sans que l’on comprenne vraiment pourquoi, elle demande de quelle porte il s’agit, comme si elle ne voyait pas ce qui se trouve devant elle. Cette grenouille a-t-elle des problèmes de vue ? Alice est obligée de montrer la porte. Elle doit montrer du doigt les évidences ! La grenouille met le doigt sur la porte, la gratte, comme pour la voir. Le doigt d’Alice sert à montrer et le doigt de la grenouille sert à voir, deux manières de voir en fin de compte. La grenouille gratte un peu la peinture, comme si elle apprenait à connaitre la porte. Alice se plaint qu’il n’y a personne pour répondre à la porte et la grenouille, qui prend l’expression au pied de la lettre, demande ce que la porte lui a demandé, comme si la porte pouvait parler. Alice lui répond que cette porte ne lui a rien demandé, mais qu’il n’y a personne pour répondre à celui qui frappe. La grenouille explique à Alice que cette manière d’agir vexe la porte, comme si une porte pouvait être vexée ! Si l’on en croit la grenouille, il ne faut pas frapper à la porte, il ne faut pas sonner non plus. Il faut agir tout à fait autrement vis-à-vis de cette porte. Pourtant, dans la minute qui suit, la grenouille elle-même lance un grand coup de pied dans cette même porte. C’est paradoxal. Pourquoi se permet-elle de faire en plus grave ce qu’elle dit qu’il ne faut pas faire ? C’est peut-être justement la preuve irréfutable de ce qu’elle vient d’expliquer. Cette porte ne s’ouvrira pas pour elle. Elle peut bien frapper tant et plus, la porte restera toujours fermée. Alice, par contre, a un tout autre statut. La porte de son destin s’ouvrira sans doute sans qu’elle ait besoin de frapper. Frapper à la porte de son destin, c’est vexant pour la porte. Le destin s’ouvre de lui-même, il faut simplement laisser la porte tranquille. CQFD. C’est justement ce qui arrive l’instant après.
